Quand on tombe sur le bras : l’épaule, le point fragile du judo

Le judo repose sur le contrôle et l’apprentissage des chutes. Dès les premières séances, les judoka travaillent l’ukemi pour protéger la tête, le cou et le dos, et cela évite beaucoup de blessures. Pourtant, une plainte revient souvent chez les compétiteurs expérimentés : les blessures à l’épaule. Pas toujours les plus spectaculaires, mais souvent les plus pénibles à gérer, parce que l’épaule est sollicitée dans chaque phase du combat.

L’épaule travaille autant en kumi-kata qu’en Ne-waza.

Beaucoup de soucis commencent quand une projection ne se déroule pas exactement comme prévu. Les techniques avec rotation et traction peuvent placer le bras dans une position délicate, comme Seoi-nage, Tai-otoshi, des variantes en drop, ou même des techniques de sacrifice. La plupart du temps, tout se passe bien : la rotation se fait, la technique se termine, la chute est propre. Mais en judo, tout peut changer en une fraction de seconde.

Si une attaque est bloquée, si les prises se mélangent, ou si l’on tente instinctivement de se rattraper avec le bras, l’épaule encaisse d’un coup une force énorme. Au lieu de rouler sur le dos, le bras devient un point d’appui violent, et c’est souvent là que la blessure se déclenche.

Parmi les scénarios les plus redoutés, il y a la luxation : l’os du bras sort de sa cavité. L’épaule est faite pour bouger, pas pour être ultra-stable. C’est un avantage pour saisir et projeter, mais un risque quand l’articulation est poussée trop loin. Beaucoup décrivent un instant très net : un glissement soudain, une douleur vive, et la sensation immédiate que quelque chose ne va plus.

En shiai, le réflexe peut prendre le dessus sur la technique.

Autre blessure bien connue : l’atteinte de l’articulation AC au sommet de l’épaule, souvent après une réception directe sur la pointe de l’épaule, un contre mal senti ou une torsion en l’air. Ce n’est pas toujours impressionnant à voir, mais cela peut rendre douloureux des gestes simples : lever le bras, saisir le judogi, pousser au sol.

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup reviennent. Après une première luxation, une reprise de l’entraînement peut parfois être envisagée en six à douze semaines, même si la confiance revient plus lentement. Si l’instabilité persiste, une opération peut s’imposer, avec parfois quatre à six mois loin de la compétition au plus haut niveau. La semaine dernière, le double champion olympique Lasha Bekauri a aussi été limité par une épaule, preuve que personne n’est totalement à l’abri.

Tant que le judo reste explosif, l’épaule restera sous pression.

Source: JudoInside

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